Songtexte




Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues vertes
Leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs
Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs de leurs chaises
Leurs pieds aux barreaux rachitiques
S'entrelacent pour les matins et pour les soirs
Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau
Ou, les yeux à la vitre se fanent les neiges
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud
Et les Sièges leur ont des bontés
Culottée de brun, la paille cède aux angles de leurs reins
L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée
Dans ces tresses d'épis fermentaient les grains
Et les sssis, genoux aux dents, verts pianistes
Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour
S'écoutent clapoter des barcarolles tristes
Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour
Oh, ne les faites pas lever, c'est le naufrage
Ils surgissent, grondant comme des chats giflés
Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés
Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves
Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors
Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l'œil au fond des corridors
Puis ils ont une main invisible qui tue
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l'œil souffrant de la chienne battue
Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir
Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales
Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales
Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever
Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières
Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés
De vrais petits amours de chaises en lisière
Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés
Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule
Les bercent, le long des calices accroupis
Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules
Et leur membre s'agace à des barbes d'épis



Autor(en): Arthur Rimbaud, Léo Ferré


Leo Ferré - Leo Ferre Chante Les Poetes
Album Leo Ferre Chante Les Poetes
Veröffentlichungsdatum
01-01-2004

1   L'affiche rouge
2   Tu N'En Reviendras Pas
3   Est-ce ainsi que les hommes vivent?
4   Il N'Aurait Fallu
5   Les Fourreurs
6   Blues
7   Elsa
8   L'étrangère
9   Je chante pour passer le temps
10   Je T'Aime Tant
11   La Chanson Du Mal Aimé
12   Spleen
13   A Une Malabaraise
14   L'étranger
15   Tu mettrais l'univers
16   Le soleil
17   Le Vin De L'Assassin
18   L'albatros
19   A une passante
20   Le flacon
21   La Servante Au Grand Coeur
22   Abel Et Cain
23   La Géante
24   Remords posthume
25   Les bijoux
26   La Musique
27   La beauté
28   Causerie
29   Recueillement
30   La Muse Vénale
31   Ciel Brouillé
32   Une Charogne
33   Le vert paradis (Moesta et Errabunda)
34   Ecoutez La Chanson Bien Douce
35   Chanson De La Plus Haute Tour
36   Il Patinait Merveilleusement
37   Mon rêve familier
38   Soleils couchants
39   Les assis
40   L'Espoir Luit Comme Un Brin De Paille Dans L'Etable
41   Art poétique
42   Pensionnaires
43   Ame te souvient-il
44   Le buffet
45   Les poètes de sept ans
46   Chanson d'automne
47   Les Corbeaux
48   Green
49   Mes Petites Amoureuses
50   Je Vous Vois Encor
51   L'Etoile A Pleuré Rose
52   O triste, triste était mon âme
53   Rêvé pour l'hiver
54   Clair De Lune
55   Les Chercheuses De Poux
56   Ma bohême
57   Sérénade




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